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de Christian Magnan

 
Le ciel du mois (par Christian Magnan)

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Astronomy Picture of the Day


Le Soleil en direct de SOHO


Le Guide du Ciel


Ciel des Hommes


Images célestes


Le ciel au-dessus de nos têtes (en anglais)

aide à la connexion


Actualité de l'environnement Soleil-Terre (en anglais)


Sky and Telescope (en anglais)


ANPCNE : Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l'Environnement Nocturnes



Un astronome professionnel retrace pour vous le cheminement patient de la pensée scientifique moderne, vous guide dans une visite grandiose de l'Univers, vous raconte la folle histoire des étoiles et vous révèle la place de l'espèce humaine dans un cosmos qui ne l'attendait pas.

L'auteur se permet en outre de dénoncer les graves dérives conceptuelles d'une science contemporaine courant à sa perte sous l'effet d'un productivisme effréné.

Voici un ouvrage unique en son genre qui vous donnera à penser!

 

couverture

Paru en novembre 2011

Édité par Guillaume Cannat (amds-edition)
Disponible en commande immédiate
dédicace possible de l'auteur

L'image de couverture représente l'éclipse totale de Soleil du 11 juillet 2010 à l'île de Pâques (cliché de Guillaume Blanchard)


Allez observer le ciel


à l'observatoire d'Aniane



Le ciel de janvier 2014

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solstice
Nicolas de Peiresc
(1580-1637)

 

 

Bonjour à toutes, bonjour à tous !

 

Querelle au sommet en ce mois de JANVIER 2014. Le roi JUPITER et la reine VÉNUS se disputent la vedette. Qui l’emportera ? Dans la réalité, chacune des deux planètes présente un spectacle différent. Tandis que Vénus passe entre le Soleil et la Terre (en conjonction inférieure) Jupiter passe à l’opposition, la Terre s’interposant entre elle-même et le Soleil. Voici le déroulé du spectacle.

Vous le savez, VÉNUS est la magnifique ÉTOILE DU SOIR que l’on voit étinceler depuis des mois du côté où le Soleil se couche. Elle va devenir ÉTOILE DU MATIN après son passage entre le Soleil et la Terre le SAMEDI 11 JANVIER, jour où elle se trouvera donc devant le Soleil en position de Nouvelle Lune. Cette période poursuit celle que nous avons vécue en décembre dernier avec la présence de splendides croissants de planète s’affinant au long des jours. Malgré la diminution relative de la portion éclairée visible, on constate que la planète conserve un éclat imposant grâce à l’augmentation de sa taille apparente, celle-ci résultant du fait qu’en passant devant le Soleil Vénus se rapproche de la Terre. La circonstance assez exceptionnelle qui se produit cette année, en se reproduisant d’ailleurs tous les huit ans, est qu’autour de sa conjonction Vénus peut être vue en même temps le soir ET le matin, les meilleures chances de réussir cette double observation se situant le vendredi 10 au soir et le samedi 11 à l’aube. Pour plus de détails, car l’observation reste délicate, je renvoie les plus motivé-e-s aux descriptifs de Guillaume Cannat, soit dans son guide « Le Ciel à l’œil nu », soit dans sa lettre mensuelle
http://www.leguideduciel.com/index.php
Enfin les accros de l’écran pourront suivre la conjonction vénusienne en regardant la planète traverser du 7 au 15 janvier le champ du coronographe LASCO C3 de la sonde SOHO
http://soho.nascom.nasa.gov/data/realtime/c3/512/

À l’œil nu suivez notre magnifique ÉTOILE DU BERGER plonger le soir vers l’horizon ouest-sud-ouest dans la clarté du Soleil couchant, puis réapparaître le matin à l’est-sud-est quelques jours après sa conjonction du 11. C’est une période où le diamètre de Vénus est si grand qu’on peut le voir aux jumelles et admirer le croissant que présente la planète. Je vous engage vivement à essayer de profiter d’un petit instrument pour admirer ce spectacle. C’est vraiment le moment de le faire, avant que la planète reprenne sa rondeur plus habituelle. Surprise garantie.

Au chapitre des scènes que nous joue notre planète reine, il faut retenir les deux rendez-vous du JEUDI 2 JANVIER au soir, à l’ouest-sud-ouest, et du MERCREDI 29 au matin, à l’est-sud-est, lorsqu’un mince croissant lunaire nimbé de sa féérique lumière cendrée tiendra compagnie à Vénus. Ce magnifique jeu d’ombres, de lumières et de couleurs sur un fond à peine éclairé de soleil est l’un des plus beaux spectacles que nous offre le ciel.

Restons près du Soleil pour signaler le retour dans le ciel du soir de la planète MERCURE, et le début d’une excellente période de visibilité. C’est l’occasion pour certain-e-s de découvrir cet astre qui nous étonne par un éclat généreux lui permettant de briller dans un ciel baigné encore de lumière solaire. Il faudra viser au-dessus d’un horizon ouest-sud-ouest bien dégagé, car notre planète est toujours basse sur l’horizon. Il est bon de s’aider systématiquement de jumelles. La fin du mois est particulièrement propice à l’observation avec notamment le soir du VENDREDI 31 où la planète surplombera sur sa droite un très fin sourire de Lune (d’ailleurs difficile à dénicher). C’est le jour où la planète est située, en position apparente, le plus loin du Soleil (on parle de plus grande élongation). Avec une magnitude négative de -0,7 elle se couche une heure et demie après l’astre du jour.

Face à la prestation vénusienne, que nous réserve la planète géante JUPITER ? Déjà il est impossible de la manquer car elle brille de mille feux dès la tombée de la nuit sur l’horizon est-nord-est. Avec un éclat théoriquement inférieur à celui de Vénus (une magnitude de -3 contre une de -4) Jupiter semble presque plus brillante car elle étincelle dans un ciel noir à une hauteur bien plus forte que Vénus. Et puis, alors que Vénus va se coucher tôt, Jupiter passe la nuit dehors. En milieu de nuit Jupiter culmine à plus de 65° de hauteur au-dessus du méridien. Jupiter PASSE À L’OPPOSITION le DIMANCHE 5 JANVIER et se trouve de ce fait dans sa période d’observation la plus favorable puisqu’elle se lève quand le Soleil se couche et reste ainsi visible toute la nuit. De plus en ce mois de janvier, comme je l’ai déjà expliqué, l’écliptique, cette région du ciel que parcourent Soleil, Lune et planètes, est à grande hauteur dans le ciel, de sorte que Jupiter échappe aux turbulences des couches basses de l’atmosphère. Jupiter est dans les Gémeaux, une position favorable aux habitants de l’hémisphère nord que nous sommes. Les planètes d’hiver sont hautes sur l’horizon, celles d’été sont basses.

Imaginons. Si nous étions sur Jupiter le jour de l’opposition 5 janvier nous verrions la Terre accompagnée de la Lune effectuer un transit devant le disque solaire (par ailleurs bien pâlot, 27 fois moins brillant que sur Terre) en un peu plus de 10 heures. À l’inverse, de la Terre Jupiter est en position de Pleine Lune, ce que nous pourrons vérifier dans la nuit du MARDI 14 AU MERCREDI 15, justement un jour avant la Pleine Lune, en voyant Jupiter et la Lune à peine ovalisée passer la nuit côte à côte. Je vous redis tout le plaisir d’observer la planète géante à travers un instrument, même modeste, pour découvrir son disque ivoire aplati par la rotation traversé de bandes nuageuses plus sombres marquant les tropiques joviens. La planète est entourée de quatre petits points représentant ses satellites (les anglo-saxons parlent facilement de "lunes", moons) dont la position varie en quelques heures, ce qui explique la variété quasi inépuisable des figures qu’ils dessinent. Dans l’ordre de distance à Jupiter on trouve successivement IO, EUROPE, GANYMÈDE et CALLISTO , mais pour savoir qui est qui il faut s’en référer à des cartes du ciel. Suivant dans leur révolution autour de la planète les lois de Kepler, plus le satellite est lointain plus sa période de révolution est grande. Io boucle son tour en 1,7 jour tandis que Callisto le fait en 16,5 jours.

Avec un grossissement suffisamment fort l’observation du système jovien à travers un instrument est remarquablement intéressante lors de l’opposition car on peut suivre la position de l’ombre d’un satellite comme Io par rapport à la position du satellite lui-même. Io circule exactement devant son ombre lors de l’opposition (le Soleil est juste derrière) mais par la suite il prendra peu à peu du retard sur elle. Avant l’opposition Io était en avance sur son ombre. De quoi s’amuser en somme. Et revivre l’émerveillement des astronomes d’il y a quatre cent ans comme Galilée en Italie ou Nicolas Peiresc en Provence découvrant avec Jupiter et ses satellites la clé qui allait ouvrir à l’humanité la porte de l’Univers. Ils allaient découvrir aussi dans la constellation du Cancer, proche des Gémeaux, l’AMAS DE LA CRÈCHE, mon amas chouchou, capable de remplir un champ de jumelles de toutes ses étoiles. Visible à l’œil nu comme une petite tache nébuleuse, vous le trouverez entre Régulus et Jupiter.

À trois mois de son opposition (ce sera son tour !) la planète MARS entre peu à peu dans sa meilleure période de visibilité et se prépare en outsider à capter toute l’attention. Si son éclat double dans le mois et rehausse à l’œil nu sa beauté de rousse, un instrument est nécessaire pour dévoiler son disque planétaire et distinguer des détails à sa surface, comme sa calotte polaire. Pour jouir pleinement de la planète rouillée il faudra donc se tourner vers un instrument d’amateur soit en privé soit dans un club d’astronomie. Mars devient visible en deuxième partie de nuit, en se levant de plus en plus tôt au long du mois (en fin de soirée le 31). On la trouve installée dans la Vierge, non loin de SPICA, l’étoile principale de cette constellation. Pour trouver Spica le mieux est de repérer d’abord ARCTURUS, étoile fort brillante sur laquelle on tombe facilement en prolongeant la courbe du manche de la casserole de la Grande Ourse. En prolongeant alors encore la courbe après Arcturus on atteint Spica. Mars est alors l’astre rouge-orangé que vous verrez au-dessus de Spica. Le jeu est d’observer la planète se rapprocher de l’étoile jusqu’à les trouver proches l’une de l’autre en fin de mois. Il est très facile d’apprécier le déplacement de la planète puisque celle-ci se trouve début janvier à côté de l’étoile PORRIMA de la Vierge avec laquelle elle forme un astre double attirant l’attention et que de Porrima à Spica il y a 14,5° de distance angulaire. Ne manquez pas le JEUDI 23 JANVIER le RENDEZ-VOUS que se donnent en fin de nuit LE QUARTIER DE LUNE, MARS ET SPICA dans une configuration bien équilibrée.

Profitez de la présence de Mars pour regarder les étoiles alentour. ARCTURUS déjà nommée brille intensément à l’est. C’est tout de même l’étoile la plus brillante du ciel boréal. Elle fait le pendant à CAPELLA du Cocher, située de l’autre côté du ciel, vers l’ouest. À Capella d’entraîner sous l’horizon les étoiles d’hiver, à Arcturus de nous amener celles de l’été. Une étoile donnée fait sa ronde, révolution de la Terre oblige, en 12 mois. Son lever se décale donc de 24 heures en douze mois, ce qui fait 2 heures par mois, soit 4 minutes par jour. Repérez par exemple leLION avec son étoile principale RÉGULUS, qui se lèvera au-dessus de la Vierge vers 21H20 en début de mois et 19h20 en fin de mois. Côté sud c’est la période idéale pour admirer encore et encore la constellation d’ORION, dont le grand rectangle est maintenant dressé verticalement. Les trois étoiles du BAUDRIER dessinent la barre inclinée d’un T majuscule à la base duquel se trouve la merveilleuse NÉBULEUSE D’ORION, reconnue comme nuage interstellaire par Nicolas Peiresc. Petite tache visible à l’œil nu, elle contient des trésors inépuisables que l’on peut découvrir en utilisant des instruments de plus en plus puissants. Son observation avec de simples jumelles permet de voir sa forme générale et de repérer les principales étoiles du champ, par ailleurs nombreuses puisque ce nuage est connu comme une région de formation stellaire. Dans un télescope c’est l’une des régions les plus prisées des observateurs. Sous Orion vous ne manquerez pas de remarquer SIRIUS, l’étoile la plus brillante de tout le ciel, l’intensité de son éclat étant dû à la relative proximité de l’étoile, à moins de 9 années de lumière, un rien à l’échelle du monde des étoiles. Il est amusant de constater que Sirius se trouve dans l’alignement des trois étoiles du Baudrier, comme si le chien suivait fidèlement son chasseur. Orion nous éblouit par sa beauté somptueuse.

Comme tous les ans début janvier les ÉTOILES FILANTES des Quadrantides nous donnent rendez-vous. Le pic d’activité de l’essaim se situe le VENDREDI 3. Le radiant des météores se trouve dans l’ancienne constellation du Quadrant mural sur l’horizon nord-est. C’est donc plutôt vers le nord qu’il faut surveiller les facétieuses filantes.

Enfin le mois de janvier nous sert sa spécialité comme chaque année : le samedi 4 la Terre est à sa plus courte distance du Soleil, à un peu plus que 147 millions de kilomètres tout de même. On dit qu’elle passe au périhélie. Il ne faut donc pas croire qu’en hiver le Soleil serait plus loin de la Terre (!) La date du périhélie n’est pas fixe. Elle peut se situer entre le 1er janvier et le 5 à cause de la valse du couple Terre-Lune autour de leur barycentre. Pas si simple tout ça !

LE CHIFFRE DU MOIS : E-8. E-8 centimètre ou 1 angström est en gros la taille d’un atome d’hydrogène, formé d’un proton et d’un électron périphérique. Si on multiplie ce nombre 17 fois par 10 on atteint E9 centimètres, soit 10 mille kilomètres, c’est-à-dire le quart du méridien terrestre. En sens inverse si on dresse une carte de l’Univers en décidant que 10 mille kilomètres représentent 10 milliards d’années de lumière (donc quelque 3E17 secondes de lumière) alors à la même échelle notre système Terre-Lune (en gros d’une seconde de lumière de taille) serait réduit à la taille d’un atome. En bref notre Terre avec sa Lune sont à l’Univers ce qu’un atome est à la Terre. L’insignifiance relative de notre Terre est si marquée que notre esprit humain, pourtant capable de la mesurer, est à jamais incapable de la concevoir.

Bonnes nuits sous les étoiles
Christian

JANVIER 2014 AU JOUR LE JOUR
Toutes les nuits : dans les Gémeaux Jupiter la magnifique traverse le ciel ; précédée du Cancer, le Lion se lève de plus en plus tôt
Le soir à l’ouest-sud-ouest à partir du 15 : Mercure
Mercredi 1er : Nouvelle Lune à 11h15 TU
Jeudi 2 : rencontre du mince croissant lunaire avec Vénus sur l’horizon ouest-sud-ouest
Du jeudi 2 au mercredi 8 : le croissant lunaire du soir et sa lumière cendrée
Du jeudi 2 au samedi 4 : les étoiles filantes de l’essaim des Quadrantides (maximum le vendredi 3)
Samedi 4 : la Terre passe au périhélie
Dimanche 5 : Jupiter passe à l’opposition
Du mardi 7 au mercredi 15 : Vénus traverse le champ LASCO C3 de la sonde SOHO
Du jeudi 9 au dimanche 12 : Vénus étoile du soir ET du matin
Samedi 11 : Vénus en conjonction inférieure
Nuit du mardi 14 au mercredi 15 : Jupiter traverse le ciel à côté de la Lune
Après le mercredi 15 : le soir à l’ouest-sud-ouest la planète Mercure revient dans le ciel, bien visible à partir du 20
Jeudi 16 : Pleine Lune
Jeudi 23 : en deuxième partie de nuit, rendez-vous entre la Lune, Mars et Spica jusque sur l’horizon sud
Samedi 25 : avant le lever du Soleil au sud-sud-est Saturne reçoit la visite de la Lune
Du dimanche 26 au mercredi 29 : le croissant lunaire du matin
Mercredi 29 au matin : Vénus retrouve un mince croissant lunaire sur l’horizon est-sud-est
Jeudi 30 : Nouvelle Lune
Vendredi 31 au soir : un fin sourire lunaire monte vers Mercure située plus haut sur sa gauche

   

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