Page d'accueil du site
de Christian Magnan

Le ciel du mois (par Christian Magnan)
Nota : si vous désirez mettre ce "ciel du mois" en favori utiliser l'adresse
http://www.lacosmo.com/lecieldumois/lecieldumois.html
La page ainsi adressée vous redirigera automatiquement vers le mois en cours  

Une année de pleines lunes

Une année de pleines lunes

Le ciel de janvier 2018

au jour le jour

le chiffre du mois

archives

version imprimable du mois en cours
pour apposer sur son frigo
  imprimante

Bonjour à toutes, bonjour à tous !

En ce mois de JANVIER 2018 le ciel nous offre ses cadeaux de nouvelle année. On déballe, on découvre et on savoure !

Pour commencer l’année céleste trois planètes nous attendent à l’est à l’aube du LUNDI 1er JANVIER, une heure et demie avant le lever du Soleil. JUPITER est aisément repérable comme l’astre brillantissime situé à une vingtaine de degrés au-dessus de l’horizon sud-est. Près de lui se distingue par sa belle couleur rougeâtre la planète MARS, qui va nous en mettre plein les mirettes cette année avec une opposition somptueuse au mois de juillet qui lui fera dépasser en éclat celui de Jupiter. Ces deux planètes encadrent joliment l’étoile Zubenelgenubi de la Balance. Plus difficile peut s’avérer le repérage de MERCURE, ma planète chouchoute, à la fois modeste et éclatante. La difficulté est qu’elle est située près de l’horizon et que des obstacles naturels ou artificiels peuvent facilement d’interposer sur la ligne de vue. Mais si votre horizon est opportunément dégagé vous la verrez briller loin sur la gauche de Jupiter et vous pourrez dire que vous voyez Mercure, sans doute pour la première fois pour l’immense majorité d’entre vous. Ce jour du premier janvier est celui où Mercure se trouve en position apparente au plus loin du Soleil (on parle d’élongation maximale). Elle va se rapprocher de lui au cours du mois mais heureusement son augmentation d’éclat favorisera son repérage jusque vers le 15. Enfin en dessous de Jupiter vous trouverez ANTARÈS du Scorpion qui scintille vivement de sa couleur rouge et mérite bien son nom de "rivale de Mars" (anti-Arès, Arès étant le nom du Dieu de la guerre dans la mythologie grecque)


Comme le précise notre expert du ciel Guillaume Cannat dans son blog du Monde
http://autourduciel.blog.lemonde.fr/2017/12/30/toutes-les-phases-et-toutes-les-eclipses-de-la-lune-en-2018/
que je vous conseille de consulter quotidiennement, cette année 2018 aura la particularité d’abriter 13 pleines lunes. Place donc déjà à la PLEINE LUNE du MARDI 2. C’est la plus grosse de l’année 2018 car elle a lieu au moment où notre satellite se situe au plus près de la Terre. Les médias vont assez certainement en faire tout un plat en mettant en avant une "super Lune" mais en réalité la Pleine Lune du nouvel an ne paraîtra pas plus grosse qu’une autre, la différence de taille entre une grosse Pleine lune et une petite Pleine lune n’étant que de l’ordre de 15% en diamètre ou 30% en surface apparente. Certes si les deux lunes étaient placées côte à côte nous verrions facilement la différence mais celle-ci devient indécelable lorsqu’une Lune unique se trouve perdue dans le vaste ciel. Maintenant trêve de propos rabat-joie et jouissons à plein du grandiose spectacle que nous offre notre satellite en admirant ses teintes magnifiques lorsqu’il s’élève dans le ciel et sa lumière somptueuse lorsqu’il trône au plus haut dans le ciel d’hiver à plus de 60 (voire 65) degrés de hauteur.

Figurez-vous maintenant que la Pleine Lune suivante a également lieu ce mois-ci, le MERCREDI 31 JANVIER. Il est assez rare qu’un même mois abrite deux Pleines lunes et l’habitude se prend depuis quelques années de donner à la seconde le nom de  "Lune bleue" (nom dont l’origine donne lieu à débats). Cette Pleine Lune du 31 s’accompagne d’une éclipse totale, malheureusement non observable en Europe (nous nous rattraperons en juillet !) mais visible en Inde, Asie, Australie, océan Pacifique et ouest de l’Amérique du Nord. Voir la carte de visibilité sur la page web
https://promenade.imcce.fr/fr/pages6/778.html

Après un petit retour vers l’horizon sud-est au matin du MERCREDI 3 pour observer le rapprochement serré de Mars avec Zubenelgenubi à côté de Jupiter retrouvons le JEUDI 4 la Lune gibbeuse décroissante aux côtés de RÉGULUS, l’étoile principale de la constellation du Lion. Le jeu est de suivre dans la nuit du 4 au 5 le glissement de la Lune vers l’étoile.

Ne manquez pas un autre rapprochement tout à fait exceptionnel, celui du DIMANCHE 7 à l’aube entre JUPITER ET MARS. Les deux astres ne seront séparés que de 12 minutes d’arc, ce qui représente le tiers du diamètre apparent de la Pleine Lune. Si vous possédez une lunette ou un télescope, pointez  ce duo de planètes avec un grossissement moyen d’une trentaine de fois et vous aurez le plaisir de voir les deux objets dans le même champ. En prime vous découvrirez les satellites de Jupiter avec Io et Europa d’un côté et Ganymède et Callisto de l’autre. De Mars vous ne découvrirez aucun détail mais pourrez admirer son énigmatique disque dont la couleur rouge vient principalement de la rouille recouvrant son sol.

Cette région orientale du ciel recevra la visite d’un beau croissant lunaire le matin du JEUDI 11 JANVIER. On remarquera à cette occasion que l’écart apparent entre les deux planètes Jupiter et Mars a augmenté depuis leur rapprochement du 7 et on pourra admirer aux jumelles planètes et Lune dans le même champ, en profitant en outre de la présence de la féérique lumière cendrée qui dévoile délicatement les régions lunaires situées dans l’ombre du Soleil mais éclairées par la lumière de la Terre. Cette lumière (i) part du Soleil, (ii) éclaire la Terre, qui (iii) éclaire à son tour les zones obscures de la Lune qui (iv) renvoient cette lumière sur Terre sous forme de lumière cendrée.

Du SAMEDI 13 AU LUNDI 15 à l’aube, une heure avant le lever du Soleil vers l’horizon sud-est, en espérant disposer des fenêtres voulues vers le ciel, on pourra suivre le ballet matinal que joueront le CROISSANT DE LUNE et les planètes MERCURE ET SATURNE . Le 13, Mercure, qui depuis le début du mois a glissé vers le Soleil, croise Saturne tandis qu’un mince croissant pointe son nez vers la droite de la scène. Le 14, le croissant se rapproche et le 15 forme un triangle avec Mercure et Saturne. L’observation n’est pas si facile car Mercure, bien que brillante, est basse sur l’horizon et que Saturne est peu brillante. Je vous conseille de vous aider de jumelles et vous souhaite de disposer d’un site bien dégagé.

L’époque de l’année s’y prête : vous avez peut-être reçu comme cadeau une lunette ou un télescope. La chance est avec vous car le ciel vous offre avec JUPITER la cible la plus facile et la plus gratifiante du ciel. Comme indiqué plus haut vous trouverez la planète géante (la plus grosse de toutes les planètes) paradant le matin sur l’horizon sud-est quelques heures avant le lever du Soleil. À travers votre instrument, avec un grossissement de quelques dizaines de fois, vous découvrirez à côté du disque planétaire quatre merveilleuses perles représentant les satellites de Jupiter. Dans l’ordre de distance à la planète-mère il s’agit de IO, EUROPE, GANYMÈDE et CALLISTO. J’ai expliqué dans le ciel de décembre 2017 combien il était émouvant de penser que chaque fois que nous observions Jupiter nous renouvelions le geste de Galilée pointant sa lunette vers le ciel en1609. Je redis que la découverte des satellites de Jupiter par notre savant avait joué un rôle déterminant dans le triomphe du système de Copernic et l’avènement de la science moderne.
Observez donc Jupiter sans modération. Le ballet de ses satellites est d’une richesse inouïe, les configurations de ces quatre lunes changeant au gré des nuits et évoluant d’une heure à l’autre. Tantôt vous les découvrirez alignées, tantôt regroupées par deux, trois, tantôt d’un même côté, tantôt disposées de part et d’autre, etc. Pour vous aider et vous inciter à observer ces lunes j’ai indiqué dans la rubrique "au jour le jour" les configurations particulièrement savoureuses.


Remarquez encore l’aplatissement du disque jovien. Il est dû à la rotation de la planète entraînant par sa rapidité un renflement équatorial significatif. Même à de faibles grossissements on notera aussi sur le disque la présence de bandes nuageuses parallèles à l’équateur peintes aux couleurs que nous qualifions d’automnales sur Terre.

Enfin que les possesseurs d’instruments ne se limitent pas aux planètes ! La Lune est une terre de découvertes mirobolantes de formations variées, depuis ses mers à la surface lisse (en fait d’anciennes cuvettes remplies de lave) jusqu’aux montagnes escarpées en passant par les cratères de toutes tailles parsemant le sol au hasard des impacts qui les ont créés. Les scènes sans doute les plus spectaculaires à admirer résident dans le lever du Soleil sur les montagnes ou les fonds de cratère. Le jeu des ombres sous l’éclairage latéral rasant du Soleil est absolument fantastique, d’autant que la course de l’ombre est appréciable sur des dizaines de minutes lorsqu’on l’observe de la Terre à travers un instrument. Un jour lunaire dure 29 jours et 12 heures terrestres en un lieu donné, d’un lever de Soleil au lever de Soleil suivant. En un point on voit donc le Soleil pendant 14 jours et 18 heures et on est dans la nuit pendant 14 jours et 18 heures. Vous apprendrez à connaître les noms des cratères et des montagnes en consultant un guide de la Lune ou des cartes, disponibles dans le commerce ou sur internet, comme par exemple l’atlas virtuel de la Lune de Patrick Chevalley
http://www.astrosurf.com/avl/V35/FR_index.html

Profitons de ce mois de janvier pour admirer encore et encore les constellations d’hiver qui se lèvent maintenant dès la nuit tombée. Je vous invite aujourd’hui à découvrir le TRIANGLE D’HIVER (le pendant par son nom du Triangle d’été). Le premier sommet est SIRIUS du Grand Chien, l’étoile la plus brillante du ciel, laquelle curieusement se trouve vers le sud-est le soir en gros à la même place que celle occupée par Jupiter le matin. Les deux astres ont d’ailleurs à peu près le même éclat avec une magnitude de -1,5 pour Sirius et -2 pour Jupiter. Le deuxième sommet, un peu plus difficile à reconnaître par manque de repères proches, est PROCYON, l’étoile principale du Petit Chien, de bel éclat (avec une magnitude de 0,4). Elle est située à gauche d’Orion, isolée, dans l’alignement approximatif du côté supérieur du quadrilatère d’Orion. Le troisième sommet est BÉTELGEUSE, la brillante étoile rouge de magnitude 0,45 située au coin supérieur gauche du quadrilatère d’Orion. Le Triangle d’hiver est donc constitué de Sirius, Procyon et Bételgeuse. Cet astérisme semble moins évident que le Triangle d’été car il est entouré d’étoiles brillantes mais il a ses propres avantages. Déjà si des obstacles cachent par hasard les autres étoiles, il se détache remarquablement sur le ciel. Ensuite il a la particularité d’être presque exactement (!) équilatéral avec des côtés de 26° de longueur angulaire. Enfin ses trois étoiles font partie des 9 étoiles les plus brillantes du ciel. Sirius et Procyon doivent leur bel éclat à leur relative proximité (8,6 années de lumière pour Sirius, 11,5 pour Procyon). La situation est toute différente pour Bételgeuse, qui se trouve à plus de 640 années de lumière. Pourquoi brille-t-elle presque autant que Procyon et Sirius ? Parce que, qualifiée à juste titre de "supergéante", cette étoile rouge-orangée est beaucoup plus grosse que les deux autres. Sa taille est telle que les astronomes ont réussi l’exploit de distinguer sur sa surface des cellules convectives à l’aide d’instruments "super-puissants". Les astronomes pensent que cette supergéante risque d’exploser un jour ou l’autre en produisant une supernova, mais nous ne verrons cette explosion que 600 ans plus tard, le temps que la lumière fasse le trajet entre l’étoile et nos yeux.

LE CHIFFRE DU JOUR : 13. La vitesse de rotation de Jupiter à l’équateur atteint la valeur fantastique de 13 km/s. On ne s’étonne pas que dans de telles conditions l’atmosphère de Jupiter soit le siège de phénomènes aérodynamiques d’une ampleur colossale. Par comparaison  la vitesse de rotation de la Terre à l’équateur est de l’ordre de 460 m/s.

Bonnes nuits sous les étoiles
Christian

JANVIER 2018 AU JOUR LE JOUR
Tous les matins : Jupiter brille magnifiquement au sud-est
Tous les soirs : Sirius et le Triangle d’hiver se lèvent
Lundi 1er : la Lune passe au plus près de la Terre à 21h49 TU (périgée) à 356,565 mille kilomètres de distance
Lundi 1er : Mercure à son élongation maximale à 22° à l’ouest du Soleil
Mardi 2 : Pleine Lune, la plus grosse de l’année, à 2h24 TU
Mercredi 3 : la Terre passe au périhélie, le point de son orbite le plus proche du Soleil, à 147,097 millions de kilomètres de distance
Mercredi 3 : rapprochement serré entre Mars et Zubenelgenubi, formant un beau trio à l’aube avec
Jupiter sur l’horizon sud-est
Du 1er au 5 : la Terre traverse l’essaim des Quadrantides dont le radiant se trouve vers la Grande Ourse, mais la récente Pleine Lune risque de gommer les étoiles filantes d’éclat moyen
Nuit du jeudi 4 au vendredi 5 : la Lune se rapproche de Régulus
Samedi 6 : Io, Europe, Ganymède et Callisto sont alignés dans leur ordre de distance à Jupiter
Dimanche 7 : rapprochement exceptionnel entre Jupiter et Mars ; à voir au sud-est le matin une heure et demie avant le lever du Soleil
Mardi 9 : conjonction entre la Lune et Spica, à voir le matin à l’aube
Du mercredi 10 au lundi 15 : le croissant lunaire du matin
Jeudi 11 : le croissant de Lune brille près de Mars, à voir à l’aube vers le sud-est
Jeudi 11 : les satellites de Jupiter sont alignés dans leur ordre naturel de distance à la planète
Samedi 13 : Mercure croise Saturne au sud-est (voir le texte)
Lundi 15 : le mince croissant  de Lune forme un triangle avec Mercure et Saturne (voir le texte)
Mercredi 17 : Nouvelle Lune à 2h17 TU
Mercredi 17 : Callisto survole le pôle Nord de Jupiter ; étant le satellite le plus lointain il peut lui arriver de passer d’un côté à l’autre de la planète sans être occulté par elle
Du jeudi 18 au lundi 22 : le croissant lunaire du soir
Mercredi 31 : Pleine Lune à 13h37 TU, la deuxième du mois, à laquelle on donne de ce fait de plus en plus souvent le surnom de "Lune bleue" ; éclipse totale non observable en Europe



LIENS

Autour du ciel, le blog du Monde de Guillaume CannatL'image astronomique du jour
Astronomy Picture of the Day
Le Soleil en direct de SOHO
Le Guide du Ciel
Ciel des Hommes
Images célestes
Le ciel au-dessus de nos têtes (en anglais)
aide à la connexion
Actualité de l'environnement Soleil-Terre (en anglais)
Sky and Telescope (en anglais)
ANPCNE : Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l'Environnement Nocturnes
Allez observer le ciel à l'observatoire d'Aniane

Un astronome professionnel retrace pour vous le cheminement patient de la pensée scientifique moderne, vous guide dans une visite grandiose de l'Univers, vous raconte la folle histoire des étoiles et vous révèle la place de l'espèce humaine dans un cosmos qui ne l'attendait pas.

L'auteur se permet en outre de dénoncer les graves dérives conceptuelles d'une science contemporaine courant à sa perte sous l'effet d'un productivisme effréné.

Voici un ouvrage unique en son genre qui vous donnera à penser!

 

couverture

Paru en juin 2014

Édité par Guillaume Cannat (amds-edition)
Disponible en commande immédiate
dédicace possible de l'auteur

L'image de couverture représente l'éclipse totale de Soleil du 11 juillet 2010 à l'île de Pâques (cliché de Guillaume Blanchard)

Archives :
Le ciel de 2006 : | avril | mai | juin | juillet | août | septembre | octobre | novembre | décembre |
Le ciel de 2007 : | janvier | février | mars | avril | mai | juin | juillet | août | septembre | octobre | novembre| décembre
Le ciel de 2008 : | janvier | février | mars | avril | mai | juin | juillet | août | septembre | octobre | novembre | début décembre | décembre
Le ciel de 2009 : | janvier | février | mars | avril | mai | juin | juillet| août| septembre | octobre | novembre | décembre
Le ciel de 2010 : | janvier | février | mars | avril | mai | juin| juillet | août | septembre | octobre | novembre | décembre
Le ciel de 2011 : | janvier | février | mars | avril | mai | juin | juillet | août | septembre | octobre | novembre | décembre
Le ciel de 2012 : | janvier | février | mars | avril | mai | juin | juillet | août | septembre | octobre | novembre | décembre
Le ciel de 2013 : | janvier | février | mars | avril | mai | juin | juillet | août | septembre | octobre | novembre | décembre
Le ciel de 2014 : | janvier | février | mars | avril | mai | juin | juillet | août | septembre | octobre | novembre | décembre
Le ciel de 2015 : | janvier | février | mars | avril | mai | juin | juillet | août | septembre | octobre | novembre | décembre
Le ciel de 2016 : | janvier | février | mars | avril | mai | juin | juillet | août | septembre | octobre | novembre | décembre
Le ciel de 2017 : | janvier | février | mars | avril | mai | juin | juillet | août | septembre | octobre | novembre | décembre

Mes sources d'information