Page d'accueil du site
de Christian Magnan

Le ciel du mois (par Christian Magnan)

LIENS


Page d'accueil du GRAAL


L'image astronomique du jour


Astronomy Picture of the Day


Le Soleil en direct de SOHO


Le Guide du Ciel


Ciel des Hommes


Images célestes


Le ciel au-dessus de nos têtes (en anglais)


Actualité de l'environnement Soleil-Terre (en anglais)


Sky and Telescope (en anglais)


 

Le ciel de mai 2008

version imprimable du mois en cours   imprimante
Archives :

Le ciel de 2006 : | avril | mai | juin | juillet | août | septembre | octobre | novembre | décembre |
Le ciel de 2007 : | janvier | février | mars | avril | mai | juin | juillet | août | septembre | octobre | novembre| décembre
Le ciel de 2008 : | janvier | février | mars | avril

galaxies en collision
Collision de deux galaxies

 

 

Bonjour à toutes, bonjour à tous !

 

Ce mois de mai s'ouvre sur une remarquable période d'observation de la planète MERCURE. Cet astre plutôt difficile à repérer car restant toujours proche du Soleil a joué à sa façon un rôle dans la révolution copernicienne, qui a placé le Soleil au centre des orbites planétaires. Dans un système géocentrique à la Ptolémée, il était plutôt difficile d'expliquer pourquoi Mercure restait au voisinage du Soleil sur le ciel. Au contraire, dans le système héliocentrique, Mercure reste proche du Soleil en direction parce que la planète est proche du Soleil en position. On sait que les planètes visibles à l'œil nu se suivent dans cet ordre-ci de distance au Soleil : Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter et Saturne, Mercure étant donc la première. La planète est d'un bel éclat et c'est merveilleux de la voir briller dans un ciel décoré des couleurs du couchant. Le spectacle se passe le soir, dès le début du mois et pour une quinzaine de jours. Il est fortement conseillé de s'armer de jumelles pour observer l'objet. Il faudra scruter le ciel vers 21 heures au-dessus d'un horizon ouest-nord-ouest impérativement bien dégagé. L'astre de magnitude proche de -1 en début de mois diminue régulièrement d'éclat par la suite.

Deux soirées sont à noter spécialement. Le VENDREDI 2 MAI 2008 après 21 heures on pourra admirer le rapprochement très rare de Mercure avec le fameux AMAS DES PLÉIADES (qui nous quitte vers l'ouest après avoir agrémenté notre ciel d'hiver). Le petit essaim d'étoiles et la planète, à moins de 2° d'écart, seront visibles dans un même champ de jumelles : une belle scène. Puis les soirs suivants la planète s'éloigne de l'amas mais est rejointe le MARDI 6 MAI par un très mince croissant de Lune en forme de sourire. Le spectacle est d'autant plus somptueux que les Pléiades apparaissent plus bas sur la droite et son caractère assez exceptionnel nous incite, pourquoi pas, à faire si besoin un petit déplacement à l'écart des brumes citadines pour profiter de meilleures conditions d'observation. Des jumelles sont toujours fortement recommandées.

Ne manquez pas les soirs suivants de surveiller la progression du CROISSANT LUNAIRE, nimbé de la magnifique lumière cendrée, augmentant d'épaisseur et montant de plus en plus haut sur l'horizon. Le SAMEDI 10 MAI le quartier lunaire jouxtera la planète MARS, puis le LUNDI 12 MAI passera tout près de SATURNE et de l'étoile RÉGULUS.

Je vous invite, comme le mois dernier, à observer le déplacement spectaculaire de la planète MARS dans le ciel. Formant un trio remarquable en début de mois avec CASTOR et POLLUX (les Gémeaux) sous la forme d'un triangle s'aplatissant de nuit en nuit (à vous de voir quelle nuit les trois astres seront alignés !), la planète rouge s'éloigne du duo céleste pour s'approcher de la constellation du CANCER, assez difficile à repérer avec ses étoiles peu brillantes, mais contenant ce petit joyau que constitue l'AMAS de la CRÈCHE (la Ruche, Beehive, en anglais)
http://antwrp.gsfc.nasa.gov/apod/ap980803.html
que Mars va traverser du MERCREDI 21 au SAMEDI 24 MAI. Des jumelles sont indispensables, ou même un petit instrument, pour suivre ce passage car l'objet, assez bas sur l'horizon, n'est pas situé de façon idéale.

Le déplacement de la planète SATURNE sera en revanche presque imperceptible ce mois-ci d'une part parce que la planète aux anneaux est moins rapide et plus lointaine que Mars et d'autre part parce que, effectuant son demi-tour après une période de déplacement vers l'ouest (dans sa boucle de rétrogradation) pour reprendre son voyage vers l'est, elle est quasi-stationnaire. Le duo que forme Saturne avec l'étoile RÉGULUS est toujours aussi remarquable, d'autant que les deux astres ont en gros le même éclat. On a presque l'impression d'une constellation nouvelle.

Le mot "planète" vient du mot grec "planêtês" signifiant "errant". Nous savons que l'on voit les planètes se déplacer dans le ciel parce que, tournant autour du Soleil, la direction dans laquelle elles se situent varie au cours du temps, mais ce n'est pas la seule raison car le mouvement apparent a une autre origine, liée à la distance. On voit les planètes se déplacer dans le ciel parce qu'elles sont relativement proches. Au contraire les étoiles (appelées "fixes") ne semblent pas bouger parce qu'elles sont très lointaines. Illustrons : la planète Mercure, relativement proche (à environ 8 minutes de lumière) va se déplacer de façon notable, de jour en jour, par rapport aux Pléiades. Le déplacement de la planète Mars (à 12 minutes de lumière) est remarquable sur quelques jours. En revanche, celui de Saturne, à plus d'une heure de lumière, sera très faible sur le mois. Il est vrai en outre que les planètes les plus lointaines du Soleil tournent moins vite autour du Soleil. La planète Neptune, à 4 heures de lumière, effectue un tour du ciel en 165 ans de sorte qu'il lui faut quelque 13 ans pour traverser un signe du zodiaque.

Par rapport aux planètes les étoiles sont toutes animées de vitesses non négligeables, se mesurant en dizaines de kilomètres par seconde et c'est l'énormité de leur distance qui les rend en apparence immobiles sur le ciel. Pour estimer le déplacement de la position apparente d'une étoile située à disons 100 années de lumière, il suffit de calculer le temps qu'elle mettrait pour accomplir un tour de ciel (en supposant qu'elle tourne autour de nous). A 50 kilomètres par seconde, on trouve environ 4 millions d'années, ce qui permet de comprendre pourquoi on ne voit rien bouger en quelques jours ! Précisons toutefois que le déplacement des étoiles proches est détectable à l'échelle de quelques années car il peut atteindre quelques secondes d'arc par an.

Le (joli) mois de mai est l'occasion de lever la tête en l'air. Ou, mieux pour les cervicales, de s'allonger dans une chaise longue pour observer vers le zénith. La Grande Ourse est très haut perchée. En prolongeant la courbe de la queue de cette casserole vous savez que l'on tombe sur ARCTURUS, puis sur SPICA, étoile principale de la Vierge. Plus haut sur la droite, quasiment au zénith trône le Lion, avec le couple Saturne, Régulus. L'étoile qui m'intéresse est DÉNÉBOLA, celle qui est située à l'arrière du Lion. Il me faut encore une quatrième étoile, qui sera COR CAROLI, à l'aplomb de la queue de la Grande Ourse pour obtenir une figure céleste peu connue de ce côté-ci de l'Atlantique : le LOSANGE DE PRINTEMPS, formé donc d'Arcturus, Spica, Dénébola et Cor Caroli. Le dessin ci-dessous devrait vous aider à vous repérer
losange de printemps

     

site de l'image d'origine


Et maintenant, vous savez quoi ? Eh bien le centre de ce losange indique la DIRECTION DU PÔLE GALACTIQUE (dans la chevelure de Bérénice, ou "Coma"). Si nous imaginons notre Galaxie comme une immense roue tournant sur elle-même (dans le ciel, tout tourne !), l'axe de cette roue passe par l'amas de Coma. Il y a plus. Alors que la Voie Lactée représente une concentration d'étoiles et de matière interstellaire dans le plan de notre roue galactique, nous visons ici perpendiculairement à ce plan, donc dans une direction où la lumière est nettement moins absorbée par les poussières. Conséquence : c'est dans cette direction que l'on voit le plus loin et que se font donc les sondages les plus profonds de l'Univers ! D'ailleurs dans cette direction le ciel est plutôt vide, mis à part le magnifique chapelet d'étoiles de la bien nommée CHEVELURE DE BÉRÉNICE. Prenez vos jumelles et vous serez ébloui-e-s par la beauté de cette fontaine d'étoiles. C'est le petit cadeau du mois

Enfin, une fois n'est pas coutume, voici une invite à regarder des étoiles sur ordinateur. Dans la nuit du SAMEDI 24 au DIMANCHE 25 MAI se produira une rencontre entre Vénus et les Pléiades, tout près du Soleil. L'observation est évidemment impossible à l'œil nu mais sera réalisable sur le site de la sonde SOHO, plus précisément à l'aide du coronographe LASCO C3 qui permet d'observer le proche environnement solaire. Vous connaissez l'adresse :
http://soho.nascom.nasa.gov/data/realtime/c3/512/
Incidemment il est inutile de vous précipiter et de vous lever en pleine nuit car le site conserve les archives des images.
De façon plus générale, pour vous tenir au courant de ce qui se passe sur le Soleil, consultez le site
http://www.spaceweather.com/

Je n'ai pas cité JUPITER qui se lève de plus en plus tôt et jouit de conditions de plus en plus favorables à l'observation, avec le jeu toujours renouvelé de ses satellites, mais les possesseurs d'instruments astronomiques feront bien de profiter surtout ce mois-ci des dernières bonnes conditions d'observation de Saturne.

Bonnes nuits sous les étoiles
Christian
   

Mes sources d'information