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de Christian Magnan

 
Le ciel du mois (par Christian Magnan)

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Actualité de l'environnement Soleil-Terre (en anglais)


Sky and Telescope (en anglais)


ANPCNE : Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l'Environnement Nocturnes



Un astronome professionnel retrace pour vous le cheminement patient de la pensée scientifique moderne, vous guide dans une visite grandiose de l'Univers, vous raconte la folle histoire des étoiles et vous révèle la place de l'espèce humaine dans un cosmos qui ne l'attendait pas.

L'auteur se permet en outre de dénoncer les graves dérives conceptuelles d'une science contemporaine courant à sa perte sous l'effet d'un productivisme effréné.

Voici un ouvrage unique en son genre qui vous donnera à penser!

 

couverture

Paru en juin 2014

Édité par Guillaume Cannat (amds-edition)
Disponible en commande immédiate
dédicace possible de l'auteur

L'image de couverture représente l'éclipse totale de Soleil du 11 juillet 2010 à l'île de Pâques (cliché de Guillaume Blanchard)


Allez observer le ciel


à l'observatoire d'Aniane



Le ciel de juin 2015

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éclipse de Soleil 2015
Saturne à l'opposition

 

 

Bonjour à toutes, bonjour à tous !

 

L’attraction principale de ce mois de JUIN 2015, c’est le rapprochement progressif de VÉNUS ET JUPITER jusqu’à leur conjonction spectaculaire en fin de mois.

Voilà des semaines en effet que nous admirons le soir au crépuscule ces deux planètes-phares VÉNUS ET JUPITER. Impossible de les manquer : leur éclat est si bluffant qu’on a parfois peine à croire qu’il s’agit d’astres naturels et non d’objets artificiels non identifiés (!), surtout dans le cas de Vénus. Eh bien cette Vénus va s’élancer vers Jupiter pour la rejoindre en fin de mois, leur séparation apparente devenant une cinquantaine de fois plus petite qu’en début de mois, passant d’une vingtaine de degrés à 0,4 degré. Une magnifique séquence d’images s’annonce. Pour en profiter il suffit de regarder vers l’ouest après le coucher du Soleil en surveillant la course des deux actrices. Si leur trajet paraît compliqué, on sait l’expliquer facilement depuis Copernic par la rotation des planètes autour du Soleil. Ici le déplacement de Jupiter par rapport aux étoiles est petit devant celui de Vénus et du Soleil vu de la Terre, car Jupiter est située environ sept fois plus loin que Vénus. Suivons donc la déesse de l’amour.
Le MARDI 2 JUIN vous remarquerez à droite de Vénus l’alignement des étoiles CASTOR ET POLLUX de la constellation des Gémeaux et cette configuration constitue un bon repère de départ du parcours vénusien. Puis Vénus quitte rapidement cette constellation pour s’élancer vers celle du CANCER, où elle côtoie le fameux AMAS DE LA CRÈCHE (Beehive, la Ruche, dans les pays anglo-saxons) le VENDREDI 12. Ce soir-là Jupiter est à une petite douzaine de degrés de Vénus. Du VENDREDI 19 AU DIMANCHE 21 un jeune CROISSANT LUNAIRE joliment orné de sa lumière cendrée vient saluer Vénus et Jupiter et signale l’ouverture de la phase finale de la rencontre des deux astres que nous attendons depuis maintenant trois semaines. Le dimanche 21 les deux planètes sont à 6 degrés l’une de l’autre et il devient possible, ô magie, de les voir dans le même champ de jumelles.

C’est ainsi que nous pourrons continuer à suivre leur rapprochement soir après soir du LUNDI 22 AU MARDI 30 JUIN pour arriver enfin au terme de cette conjonction exceptionnelle. Le mardi 30 l’écart apparent entre les deux planètes ne sera que de 23 minutes d’arc et si vous avez accès à un petit instrument celui-ci sera le bienvenu pour détailler le duo magnifique. Avec un grossissement d’une trentaine de fois vous pourrez contempler une dernière fois (avant la plongée de la planète vers le Soleil) la beauté de Jupiter entourée des perles de ses quatre satellites. Vous découvrirez que le diamètre apparent de Vénus est sensiblement le même que celui de Jupiter, alors qu’il lui est en général inférieur. Cela s’explique par le fait que Vénus s’apprête à passer devant le Soleil (elle passe en conjonction inférieure le 15 août) et de ce fait se rapproche de nous. Vous vous apercevrez aussi que la planète se présente sous forme d’un croissant de 34%, lequel va mincir au cours des semaines ultérieures. Il est intéressant de savoir que l’éclat de Vénus continuera à se maintenir au niveau élevé actuel car la diminution de la surface apparente relative du croissant sera miraculeusement compensée par l’augmentation de son diamètre apparent. Vénus est vraiment fascinante, profitons-en. Je termine en notant le fait que la variation de sa taille apparente, mise en évidence par les observations à travers la lunette de Galilée, a constitué parmi d’autres un argument très fort pour abandonner le système géocentrique de Ptolémée puisque si Vénus décrivait un cercle autour de la Terre on expliquait mal que son diamètre apparent pût changer le long de sa trajectoire.

Passée à l’opposition le mois dernier, SATURNE reste en bonne place pour être observée, même si elle se situe assez bas sur l’horizon dans les couches les plus turbulentes et les moins transparentes de l’atmosphère. N’hésitez pas à aller l’observer au cours d’une soirée ouverte au grand public. La découverte de ses merveilleux et improbables anneaux peut être le début d’une passion puissante pour le ciel. Le LUNDI 1er JUIN la planète est visible une heure après le coucher du Soleil juste à côté de la Lune presque pleine au-dessus de l’horizon sud-est et ouvre ainsi les spectacles célestes du mois. Si l’éclat de la Lune vous éblouit en vous empêchant de repérer la planète, masquez notre satellite avec un doigt ou mieux derrière une branche ou un cache convenable. Les deux astres cheminent de conserve toute la nuit et se retrouvent au matin sur l’horizon sud-ouest, leur écart apparent ayant doublé par rapport à celui de début de nuit par suite de la rotation de la Lune autour de la Terre, lequel engendre un déplacement d’environ 13 degrés par 24 heures par rapport aux étoiles. Lune et Saturne remettent le couvert dans la nuit du DIMANCHE 28 AU LUNDI 29en naviguant ensemble et en se retrouvant le lundi matin sur l’horizon ouest-sud-ouest à moins de 1 degré d’écart au-dessus du Scorpion et de son étoile principale Antarès.

Le DIMANCHE 21 c’est le solstice de Juin, qui marque le début de l’été dans notre hémisphère boréal. Le Soleil culmine au plus haut dans le ciel de sorte qu’à midi les ombres au sol sont les plus courtes. Les jours sont les plus longs car le Soleil se lève le plus au nord, du côté est bien entendu, et stationne (d’où le nom de solstice, venant de sol, Soleil, et stare, s’arrêter) avant de repartir vers le sud. La leçon à retenir et la bonne nouvelle pour les amateurs d’étoiles est que si en été les nuits sont les plus courtes de l’année elles se mettent à rallonger (!)

Juin est évidemment le moment de (re)découvrir le célèbre TRIANGLE D’ÉTÉ qui s’élève de plus en plus tôt chaque soir sur l’horizon est. Il est formé de VÉGA (de la Lyre), DENEB (du Cygne) et ALTAÏR (de l’Aigle), que vous pouvez apprendre à repérer. Véga est la plus brillante et la plus haute, la première des trois à se lever au nord-est. Elle est accompagnée du petit losange caractéristique de la Lyre, lequel permet de la reconnaître sans ambiguïté. Si vous pointez l’étoile avec des jumelles, vous découvrirez à ses côtés une jolie curiosité, l’étoile double Epsilon. Si vous jouissez d’une bonne vue (et d’un ciel bien noir) il vous est même possible de distinguer la paire à l’œil nu. Deneb se lève ensuite plus bas à gauche de Véga et marque le sommet de l’immense croix sur laquelle les astronomes d’antan ont dessiné un cygne en plein vol. Enfin à droite Altaïr ferme le Triangle d'été. C’est l’étoile principale de la constellation de l'Aigle, laquelle dessine un V caractéristique (ne pas confondre avec le V du Taureau, ni Altaïr avec Aldébaran). En contemplant ces trois étoiles brillantes, il est intéressant de savoir pourquoi elles sont si lumineuses. Pour Véga et Altaïr la raison principale est leur relative proximité, les astres étant situés respectivement à 25 et 17 années de lumière, une bagatelle à l’échelle du monde des étoiles. Mais l’explication ne vaut pas pour Deneb, qui est une centaine de fois plus lointaine, à deux ou trois mille années de lumière. Si Deneb est si brillante à nos yeux c’est qu’elle est intrinsèquement plus brillante que Véga. Elle appartient à la classe des "supergéantes" qui émettent une quantité d’énergie  dix mille fois plus grande que les étoiles "moyennes".

Profitez de ces trois étoiles brillantes, et d'autres telles qu'Arcturus (qui resplendit très haut dans le ciel en cette saison) ou Antarès, pour noter les différences de couleur entre elles. L'intérêt de l'observation n'est pas seulement esthétique car la couleur d'une étoile est une indication de sa température de surface. Plus l'étoile est chaude, plus sa lumière tend vers le bleu. Plus elle est "froide" (disons à partir de 4000°C), plus sa couleur tourne au rouge. Ainsi Véga, avec ses 10000° apparaît bleue tandis qu'Antarès avec des 3300° est rouge. Entre les deux une étoile telle qu'Arcturus, avec quelque 4300° est plutôt jaune. À vous de juger ! Je m'empresse de préciser que la température d'une étoile en son centre est beaucoup plus élevée qu'en surface. L'astre doit atteindre des températures internes de l'ordre de la dizaine de millions de degrés au minimum pour que puissent s'amorcer les réactions nucléaires propres à fournir l'énergie capable de les faire briller pendant des milliards d'années.

LE CHIFFRE DU MOIS : 1684. Le mois d’août 1684 pour moi est de façon symbolique l’instant où la science moderne est née car à cette date Newton a confié à Halley qu’il pouvait démontrer mathématiquement que si les planètes étaient soumises à la loi de l’attraction universelle, avec une force inversement proportionnelle au carré de la distance au Soleil, alors elles décriraient une ellipse, ce que Kepler avait découvert de façon purement observationnelle des dizaines d’années auparavant. La loi de l’attraction universelle explique de façon complète le trajet de Jupiter et Vénus que nous observons ce mois-ci mais elle n’a pas été conçue uniquement dans ce but. La science réside dans la rencontre miraculeuse entre une théorie forte et des observations significatives. Ce n’est plus le cas maintenant. Et elle ne trouve plus rien.

Bonnes nuits sous les étoiles
Christian

JUIN 2015 AU JOUR LE JOUR
Tous les soirs à l’est : le lever de plus en plus tôt du Triangle d’été formé par Véga, Deneb et Altaïr
Tous les soirs à l’ouest : Vénus étincelle et se rapproche soir après soir de Jupiter
Lundi 1er : Saturne se lève à côté de la Lune presque pleine au sud-est
Mardi 2 : Vénus dans l’alignement de Castor et Pollux à l’ouest-nord-ouest
Mardi 2 : Pleine Lune
Samedi 6 : Vénus à son élongation maximum à l’est du Soleil et à son Dernier Quartier
Du jeudi 11 au dimanche 14 : le croissant lunaire du matin
Vendredi 12 : Vénus près de l’amas de la Crèche
Mardi 16 : Nouvelle Lune
Du jeudi 18 au lundi 22 : le croissant lunaire du soir
Du vendredi 19 au dimanche 21 : magnifique jeu de scène entre le croissant lunaire et le couple Jupiter-Vénus, marquant l’ouverture de la phase finale du rapprochement planétaire
Dimanche 21 : solstice de juin, début de l’été dans l’hémisphère boréal
Du lundi 22 au mardi 30 : au crépuscule sur l’horizon ouest-nord-ouest le rapprochement irrésistible entre Jupiter et Vénus
Dimanche 28 : Saturne et la Lune gibbeuse se rapprochent au cours de la nuit et se couchent lundi matin sur l’horizon ouest-sud-ouest à moins de 1 degré d’écart
Mardi 30 : la plus belle conjonction planétaire de l’année, qui réunit Vénus et Jupiter à moins de 0,4 degré

   

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