Page d'accueil du site
de Christian Magnan

Le ciel du mois (par Christian Magnan)

LIENS


Page d'accueil du GRAAL


Le Soleil en direct de SOHO


Le Guide du Ciel


Ciel des Hommes


Images célestes


Le ciel au-dessus de nos têtes (en anglais)


Actualité de l'environnement Soleil-Terre (en anglais)


Sky and Telescope (en anglais)


 

Le ciel de juillet 2006

version imprimable du mois en cours   imprimante
Archives :

Le ciel de 2006 : | avril | mai | juin |

van gogh
La nuit étoilée (Van Gogh)
Courtesy Wikipedia

 

 

Bonjour à toutes, bonjour à tous!

 

La Lune et les planètes ne nous offrent pas d'événements vraiment spectaculaires en ce mois de juillet 2006. Mais l'observation attentive des ciels d'été nous entraîne dans les profondeurs de l'espace cosmique, jusqu'à des millions d'années de lumière et au-delà : rêve et réalité.

SCÈNE D'ADIEUX AU CRÉPUSCULE

Ceux ou celles qui ont pu observer Mercure les soirs de juin sur l'horizon est-nord-est, ainsi que la danse savoureuse entre Mars et Saturne, pourront profiter le DIMANCHE 2 JUILLET AU SOIR, une bonne demi-heure après le départ du Soleil, soit vers 22 heures à Montpellier, d'une sorte de séance d'adieux de ces trois planètes avec un bel ALIGNEMENT Mercure-Saturne-Mars-Régulus (l'étoile la plus brillante du Lion). Attention, l'observation est un peu délicate car les astres sont bas sur l'horizon et qu'il fait encore clair. Mercure va vite disparaître, et de petites jumelles sont indispensables pour profiter de la scène. Un défi quoi. Horizon ouest bien dégagé obligatoire.

JUPITER LE SOIR, VÉNUS A L'AUBE

Saturne, Mars et Mercure quittent donc notre ciel nocturne après leurs magnifiques prestations des derniers mois. Mais, faut-il le rappeler sourire ces planètes continuent néanmoins à passer tous les jours au-dessus de nos têtes (près du Soleil en l'occurrence), rotation de la Terre oblige! Simplement leur lumière est noyée dans la clarté du ciel diurne. Au contraire, dans l'espace, par suite de l'absence d'atmosphère susceptible de diffuser la lumière de l'astre du jour, étoiles et planètes restent visibles sur le fond noir du ciel, même si le Soleil est présent. Les astronautes de la station spatiale continueront facilement, eux, à suivre les planètes. Et nous, nous pouvons tranquillement examiner les images de SOHO pour voir les astres que leur position apparente situe près du Soleil.

JUPITER

La planète géante brille toujours remarquablement le soir, perchée à une trentaine de degrés au-dessus de l'horizon sud. C'est l'astre de loin le plus lumineux de la nuit avant le lever de Vénus. Les fans de Jupiter sont invité-e-s à profiter rapidement du ballet de ses satellites avant que la planète géante ne s'enfonce le mois prochain dans les couches basses de l'atmosphère. La scène que nous offrent les satellites galiléens est toujours surprenante, car (i) elle change rapidement en quelques heures et (ii) le nombre de configurations différentes semble inépuisable. Jumelles grossissant au moins 10 fois indispensables, à fixer sur un pied d'appareil photo.

Vous remarquez à droite de Jupiter une étoile brillante: c'est la belle SPICA, ou l'Épi, de la constellation de la Vierge. Le MARDI 4 JUILLET AU CRÉPUSCULE, disons une heure et demie après le coucher du Soleil (soit vers 23h à Montpellier) un gros Premier Quartier de Lune jouxte Spica et ira rejoindre Jupiter le MERCREDI 5 JUILLET.

VÉNUS

La plus belle planète du ciel à l'oeil nu illumine toujours l'aube naissante, assez bas sur l'horizon est-nord-est (pour l'apercevoir il faut disposer d'un trou dans les arbres ou les maisons, ou, mieux encore, d'un horizon dégagé). A admirer sans modération une bonne heure avant le lever du Soleil, soit avant 5h à Montpellier. Contemplez en particulier le passage de la planète dans la constellation du Taureau, non loin des Pléiades, donnant lieu à un beau rapprochement avec son étoile principale, rouge, ALDEBARAN les MATINS DE LA PREMIÈRE SEMAINE DU MOIS. Dans le ciel déjà clair, de petites jumelles vous permettront observer la scène. Début juillet, le Soleil se lève à 6h à Montpellier; en fin de mois, à 6h30.

LA LUNE

Justement, c'est le SAMEDI MATIN 22 JUILLET et le DIMANCHE MATIN 23 JUILLET, toujours une heure avant le lever du Soleil, que le mince CROISSANT DE LUNE voit sa route passer près de Vénus, deux jours avant la nouvelle Lune du 25. La fantomatique lumière cendrée, l'élégante silhouette du croissant d'or, la proximité de Vénus la toute belle composent un joli tableau! Deux jours avant, le JEUDI 20 JUILLET, le croissant lunaire, un peu plus épais, aura salué les Pléiades (à voir plus tôt, vers 4h30 dans un ciel encore noir).

LES ÉTOILES

Il est d'ailleurs amusant de commencer à voir apparaître certaines constellations d'hiver le matin à l'horizon est, avec le Taureau, et Capella, l'étoile qui conduit le cortège des étoiles hivernales. Au cours des mois à venir, ces constellations vont se lever de plus en plus tôt, jusqu'à apparaître fin automne dans le ciel du soir.

Mais nous n'en sommes pas là. Profitons des étoiles de l'été.

Le souhait que je forme pour nous tou-te-s, c'est qu'en ces mois nous soit donnée l'occasion (quitte à la provoquer!) de contempler un vrai ciel sans lumières parasites. C'est un spectacle auquel nous ne sommes plus guère habitué-e-s, pour la majorité d'entre nous. Et la rareté de cette re-découverte des étoiles ajoute à la fascination du spectacle. Sans aller au bout du monde, nous ne sommes pas si mal loti-e-s dans notre région montpelliéraine. En se dirigeant vers Ganges, des endroits comme Ferrières-les-Verreries, le col de la Cardonille et plus loin les contreforts de l'Aigoual, ou carrément la Lozère nous offrent encore des ciels somptueux.

De quoi rêver? Les étoiles sont d'immenses masses de gaz dont la température passe d'une valeur au centre se comptant en dizaines de millions de degrés à une valeur en surface de quelques milliers de degrés. Ce qui nous frappe aussi, ce sont les distances auxquelles elles se trouvent, tellement grandes qu'elles dépassent toute représentation concrète.

L'été nous propose une belle leçon de cosmologie et nous ramène aux années 1920, lorsque l'humanité ne savait pas encore de quoi l'Univers était constitué et quelles en étaient les limites. Cette saison nous fait découvrir en effet la VOIE LACTÉE, cette immense traînée laiteuse traversant le ciel du Nord au Sud, depuis les constellations de Persée et Cassiopée (oui! c'est le grand W situé au Nord) jusqu'aux constellations du Sagittaire et du Scorpion. C'est grâce à la lunette de Galilée que l'on a découvert la vraie nature de cette bande lumineuse: un amoncellement d'étoiles si serrées le long de la ligne de visée que l'oeil est incapable de les séparer individuellement (ce qui ne peut être accompli qu'à l'aide d'instruments).

voielactée
  La Voie Lactée au-dessus du Mont Blanc  

Pourquoi une concentration d'étoiles dans cette direction? Parce que l'ensemble des étoiles dont le Soleil fait partie sont réparties dans un immense disque aplati (c'est la règle : « tout tourne dans l'Univers ») et que lorsque nous visons dans le plan de ce disque (depuis l'endroit que nous occupons, auprès de notre Soleil) nous voyons forcément plus d'étoiles que dans la direction d'un pôle galactique (direction que nous avons indiquée d'ailleurs dans le bulletin du mois de mai, au centre du losange de printemps).

Dans les années 1920, nous ne savions pas si notre Univers se résumait à notre Galaxie, la Voie Lactée, ou s'il était constitué d'une multitude d'autres galaxies semblables à la nôtre. Les mesures de distance ont tranché : notre Univers est constitué de centaines de milliards de galaxies comme la nôtre, dont les distances mutuelles se comptent en millions d'années de lumière. La dimension de notre propre Galaxie atteint, elle, la centaine de milliers d'années de lumière. C'est donc à des distances titillant ces nombres que porte notre regard quand nous nous tournons vers la Voie Lactée.

Voir plus de détails dans http://www.lacosmo.com/voielactee.html

Enfin, à quelle distance se situent les objets les plus lointains que nous puissions percevoir? Facile... à une distance telle que leur lumière a mis 13 ou 14 milliards d'années pour nous parvenir (une durée égale à l'âge de l'Univers). Dans un prochain bulletin, je vous dévoilerai l'existence et l'emplacement dans le ciel de la galaxie la plus proche de la nôtre, à savoir la galaxie d'Andromède, visible à l'oeil nu (encore que... une petite paire de jumelles peut faciliter les choses!) et située entre 2,5 et 3 millions d'années de lumière (malgré ce que vous pourriez croire, la mesure des distances en astronomie n'est pas dotée de la précision "astronomique" qu'on lui attribue ça et là).

En attendant, aidez-vous de cartes pour apprendre à vous repérer dans le ciel http://www.leguideduciel.net/ephemerides/cartesduciel.php
et munissez-vous d'un bon fauteuil relax qui vous aidera à alimenter, mais aussi à supporter, ces considérations toute prêtes à devenir existentielles ;-)

Belles et bonnes nuits d'été sous les étoiles, et les galaxies

Christian

PS : à signaler de très beaux passages de la station spatiale internationale visibles à Montpellier

  • le 30 juin à 23:08:25, du NW à E
  • le 1 juillet à 23:31:13, du WNW au S
  • le 3 juilet à 22:41:47, du WNW au SE

voir les horaires sur http://www.heavens-above.com/